CopehagenGateway_WHOR

Le projet Copenhagen Gate s’essouffle

Copenhague est admirée par la communauté cycliste du monde entier pour sa culture et ses infrastructures particulièrement « bike-friendly ». Au total, ce sont près de 45% de la population de la capitale qui arpentent chaque jour les 320 kilomètres de pistes cyclables. Des statistiques qui paraissent lointaines de celles de la ville de Paris bien que des efforts d’aménagement et de planification soient en cours.

SHsketch080917_CONCEPT_WHOR

Créé par l’architecte Steven Holl en 2008, le Copenhagen Gate est conçu comme un passage piéton et cycliste suspendu à 65m de haut entre deux gratte-ciel. Il s’agissait pour le cabinet à l’initiative du projet de mieux desservir le port de la ville. Le design a été sacré gagnant d’une compétition dans laquelle l’enjeu était de revitaliser le bord de mer de Copenhague. Interrompu en raison de la conjoncture économique, le projet fut malgré tout sélectionné en 2010 pour le Progressive Architecture Award.

Overview_WHOR

La capitale danoise a annoncé en janvier dernier, après 8 ans de discussion, les travaux pourront débuter cette année. Plusieurs urbanistes et commuters ont cependant grincé des dents, y voyant là un projet clinquant, en rupture avec l’esprit habituel de Copenhague. Par ailleurs, l’usage et l’ouverture du futur pont se sont restreints : une décision des promoteurs immobiliers de garantir l’accès au pont seulement aux résidents des deux tours.

NightView_WHOR

Plusieurs détails techniques rendent le projet peu pratique. On note notamment le recours à des ascenseurs pour amener piétons et cyclistes en haut et en bas des bâtiments. Une configuration unique qui pourrait s’expliquer par la législation en vigueur à Copenhague. En effet, une loi interdit que des résidences soient construites à plus de 500m de distance des services de transport public : le pont permettrait d’envisager des appartements dans les gratte-ciel, sans pour autant gêner le passage des bateaux en contrebas.

 

BridgeHandshake_WHOR© Crédit Photo : Steven Holl