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Les Français au Red Hook Crit – Disorderly Habits (4)

Disorderly Habits est une jeune marque qui se spécialise dans le sportswear et les vêtements techniques développés pour la pratique des sports extrêmes et du fixie. À la tête de la marque, un globe-trotteur français et passionné de sports : Ivan – expatrié depuis presque 3 ans aux Pays-Bas – fonde le Disorderly Habits Crit Squad en voulant réunir et encourager de jeunes athlètes ne se trouvant pas encore engagés dans une équipe.

Après avoir recruté Louis qui a fait forte impression lors de son run à Rotterdam, Ivan recrute Anthony qui, malgré sa récente introduction à la discipline, fait preuve d’un bon potentiel. Puis, c’est au tour de Paul, Pierre, Nicolas et bientôt Apolline de rejoindre l’aventure Disorderly Habits.

Steel Magazine : Salut Disorderly Habits ! Le Red Hook de Londres était votre premier pas sur la route des criteriums en tant qu’équipe et sponsor. Pouvez-vous nous présenter votre équipe et la marque ?

Louis : Toute l’équipe s’est formée autour d’Ivan le boss de « Disorderly Habits ». De mon côté, j’ai été recruté sur Instagram après mes deux tout premiers crits à Rotterdam et à Anvers fin mai. J’avais fait bonne impression du haut de mes 20 ans en finissant deux fois deuxième mais surtout en battant de très bons coureurs comme Paolo Bravini ou Tim Ceresa (8bar Team) à deux reprises. C’était très encourageant de recevoir dans la foulée une demande pour rentrer dans l’équipe. Nous nous sommes rencontrés à Cologne pour la Rad Race où nous avons été accueillis avec des bidons remplis et des petits goodies sympas. Déjà aux petits soins des le début, j’ai compris que j’étais parti pour vivre une superbe expérience. Cette année, nous sommes encore en phase d’apprentissage et de formation, nous avons recruté d’autres riders et en plus des amis de Lille, mes deux coéquipiers Pierre et Paul. Mais l’an prochain nous avons l’ambition de s’y rendre comme de vrais pros et nous recherchons activement des sponsors.

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SM : Racontez-nous le déroulement de votre week-end : l’arrivée, la préparation, les moments forts …

Louis : Nous sommes partis la veille de la course avec les Lillois, Pierre et Paul, et ma copine. Nous avons essayé de profiter un peu de la ville avant la course, c’est aussi une des choses que j’aime bien avec ces évènements. Pour les Red Hook, nous essayons désormais de rester au moins quatre jours pour profiter des lieux. Arrivés sur le spot de la course nous avons déchargé les vélos, retrouvé les coéquipiers puis après la remise des dossards, rapide tour de circuit et enfin l’échauffement en général sur rouleaux.

Ivan : Dormant juste à côté de Greenwich, à l’endroit même où le Red Hook se déroulait, je me suis assuré d’arriver sur place avant tous les riders. J’en ai profité pour rencontrer quelques sponsors et petits bikeshops qui seraient intéressés pour supporter l’équipe l’an prochain ou proposer à leurs clients notre gamme de produits. Nous avons senti la pression monter petit à petit et j’ai laissé les gars se préparer tranquillement. À peine la course lancée, ils se sont démenés et n’ont rien lâché : Charlie a d’ailleurs percuté violemment le bord du circuit au premier virage, ce qui lui a coûté une fourche et une sortie de la compétition. Le rider qui suivait Charlie, Cornelius, n’a pas pu éviter la chute et a entraîné dans sa chute Anthony et d’autres riders. Anthony a cassé sa pédale et malmené son vélo. C’est à ce moment-là que je lui ai dit de sauter la barrière, de réparer sa pédale et de repartir immédiatement. Il s’est alors exécuté et un des membres de l’équipe Royal DH également sponsorisée par Disorderly Habits lui a prêté son vélo pour qu’il puisse se qualifier. Malgré toute l’énergie qu’il y a mis, cela a été trop juste pour les qualifications. J’étais content qu’il s’en soit sorti sans trop de casse et qu’il soit reparti directement. Ensuite est venu le tour de Louis, Pierre et Paul. Louis étant un des favoris pour cette édition du Red Hook Crit, ce dernier avait une certaine attente envers lui-même. Pour ma part, j’étais surtout ravi qu’il fasse partie du groupe. Les coureurs sont partis et pendant que je prenais les photos de la course, les chutes se sont multipliées. La course a été neutralisée plusieurs fois et notamment pendant que Louis était en train d’effectuer son meilleur tour. Ce dernier n’a malheureusement pas été compté et Louis était persuadé qu’il ne passerait pas les qualifications. J’étais convaincu du contraire. Finalement, Louis, Paul et Nicolas ont pu pédaler assez rapidement pour se retrouver dans la finale Mens’ Crit. Anthony et Pierre ne sont pas passés très loin mais ils ont tous donné et montré un bel esprit. La course principale est arrivée et on pouvait palper la tension dans l’air. J’ai échangé quelques mots avec certains riders très expérimentés, et personne n’était rassuré. Louis est parti de la 77ème place pour arriver à la 30ème et Paul a fini dans le troisième groupe. Nicolas lui est sorti à quelques tours de l’arrivée mais sans démériter. Un très bon Red Hook qui nous donne beaucoup d’espoir et va nous permettre d’aborder les autres avec peut-être quelques techniques.

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SM : Comment vous entraînez-vous pour préparer un Red Hook Crit ?

Louis : Je n’ai pas d’entrainement spécifique, suivre les règles de l’entraînement et tout ce que cela suppose ne m’attire pas vraiment. Quand j’ai envie de rouler, je pars rouler : je fais des sprints quand j’en ai envie, des séries quand cela me semble nécessaire. Je pense que le vélo est avant tout un bon moyen de se faire plaisir et c’est cela qui me fait réellement progresser.

Pierre : Personnellement, je fais beaucoup de route et de piste avec des exercices variés. Pour moi, c’est l’entraînement spécifique à la discipline qui est déterminant pour performer.

SM : Quels sont vos projets pour les prochains mois ? Avez-vous prévu de participer à d’autres criteriums, à des Red Hook ?

Louis : Bien sûr, ce week-end (26/27 juillet) nous sommes à Amsterdam puis à Paris. Nous serons également présents pour les prochains Red Hook !

Pierre : J’ai prévu de participer à d’autres critériums aux Pays-Bas principalement, puis Barcelone et Dijon en septembre. On verra pour Milan (rires). J’aurais repris les cours et ça sera plus compliqué.

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SM : Que vous disent vos proches lorsqu’ils apprennent que vous participez à une course de cette ampleur, de cette intensité ?

Louis : Mes parents m’ont toujours suivi sur mes courses et c’est une chance énorme. Ils connaissent les risques des criteriums. Les courses inquiètent bien plus ma copine. Pour les autres, ils nous prennent simplement pour des fous. C’est vrai que dans le fond, nous aussi nous nous faisons peur par moment. Les pneus qui sont à la limite de l’adhérence, les murs qui se rapprochent un peu trop vite ou encore les coups de freins intempestifs, tout cela envoie une bonne dose d’adrénaline mais c’est aussi et surtout pour cela que nous participons aux courses !

Pierre : Ils sont contents de me voir évoluer dans ces compétitions et de savoir que je prends du plaisir. Le simple fait de savoir que cela me plaît énormément est la seule chose qui les importe.

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