Paris-Roubaix, la polémique du passage à niveau

En 2006, Leif Hoste et Vladimir Gusev, respectivement deuxième et quatrième de la course,  sont déclassés de Paris-Roubaix après avoir franchi un passage à niveau à 10 kilomètres de l’arrivée.

Dimanche, une partie du peloton est passée outre la fermeture d’une barrière à l’approche d’un passage à niveau. Pour ne pas favoriser ces derniers, les organisateurs ont ralenti le rythme de la course, ce qui a permis au groupe qui s’est arrêté de les rejoindre. Un ralentissement qui a profité aux échappés, puisqu’ils ont consolidé une avance d’une vingtaine de secondes, un groupe formé entre autres de John Degenkolb, le vainqueur de cette édition.

Le directeur de la course Thierry Gouvenou défend le choix de l’UCI en estimant « [qu'en] neutralisant la course pendant quelques instants, pour ne pas pénaliser ceux qui se sont arrêtés, on a respecté l’esprit du règlement. En théorie, ceux qui passent alors que les barrières sont fermées sont mis hors course. En pratique, cette fois, cela aurait été une injustice vis-à-vis des coureurs qui auraient été mal identifiés » a-t-il ajouté.[1]

Avec toutes les caméras à disposition, est-il vraiment crédible d’avancer que les coureurs n’ont pas pu être identifiés correctement ? L’UCI n’a-t-il pas plutôt choisi la facilité pour éviter  de se mettre à dos les formations et les coureurs ? N’aurait-il pas été important de  remettre en cause la course pour de sanctionner les coureurs pour qu’à l’avenir ce type de comportement n’aient plus lieu ?   D’autre part, pourquoi avoir ralenti le peloton pour lui permettre de se recomposer sans avoir fait de même avec les échappés ?

Julien Morice, le jeune coureur d’Europcar qui participait à son premier Paris-Roubaix commente la situation : C’est tout le temps comme ça. Quand le coureur devant vous passe et que vous êtes le dernier, vous vous dites : pourquoi je ne passerais pas aussi ? C’est compliqué d’être le premier à freiner devant une barrière. C’est une décision pas facile à prendre. » Elle l’est d’autant moins que cette course est l’une des plus médiatiques de la saison. « C’est Paris-Roubaix, il y a de l’enjeu et du stress toute la journée. Je comprends les coureurs qui passent les barrières, mais bon, devant un TGV, je trouve quand même ça vraiment dangereux.[2]



[1]   Le Monde, Paris-Roubaix : pas de sanction pour les coureurs ayant franchi une barrière de TGV – 12 avril 2015

[2] France TV info, Paris-Roubaix : au passage à niveau, « j’ai ressenti le souffle du TGV » – 13 avril 2015