superbeau

Une selle, oui, mais une « Superbeau »

Cuir, tissu, bois, métal, impression laser… L’allemand Ruben Bauer – 30 ans et de l’or entre les doigts – ne recule devant rien pour personnaliser des selles de vélo qui deviennent de véritables bijoux, sous le nom « Superbeau » : « La première selle et le guidon que j’ai recouverts étaient pour mon vélo de trial des années 90, un Mounty T219. C’était en 1996. Il m’a fallut un certain temps pour que je revienne à ça mais depuis, j’ai recouvert plus de 50 selles.»


Mother Gun – Cuir Galuchat (peau de raie), cuir de veau végétal, miroir poli, acier inoxydable, boulons personnalisés

Aujourd’hui, Ruben jongle encore entre ses études et ses réalisations pour Superbeau mais connaît ses priorités : « Avant tout, je dois terminer mes études de design industriel (après avoir étudié l’architecture avant, ndr). C’est pour ça que pour le moment, je ne peux pas encore me concentrer sur Superbeau à fond. » Ce qui ne l’a pas empêché d’installer son atelier dans la ville de Darmstadt en Allemagne, entre espace de travail et lieu d’exposition.

« Ce lieu est avant tout mon atelier mais lorsque j’ai commencé à y faire des travaux, j’ai tout de suite vu le potentiel de cet espace. J’avais des murs blancs et une grande vitrine et étant sensible à l’art, au design ou encore à la photo, je n’ai pas mis longtemps pour savoir que j’avais envie de laisser des personnes exposer ici. Je dois dire que c’est vraiment exceptionnel d’être entouré par des œuvres qui t’inspirent. » Et de l’inspiration, il en a à revendre car chaque selle est exceptionnelle. Jeux de matières, détails, couleurs, tout est minutieusement réfléchi, surtout lorsque l’on sait que Ruben utilise des matériaux nobles comme le cuir de raie (Galuchat), la peau de kangourou ou encore des cuirs végétaux : « C’est toujours beaucoup de boulot de trouver la façon dont je vais faire la selle et ce qui va rendre le mieux. Lorsque je travaille avec de nouvelles techniques, je n’ai qu’un seul essai pour le faire sinon, je dois tout recommencer. Pour savoir si le procédé que je vais utiliser va fonctionner, cela me demande énormément de réflexion. »


« Je peux rester très concentré sur ce que je fais, et c’est ce que je préfère. J’oublie le temps qui passe et tout le reste. Lorsque je ne pourrai plus ressentir ça, alors ce sera la fin. » Ruben Bauer

Et pour la suite, il verra… « J’adore travailler sur des selles mais je crains de ne pas pouvoir gagner assez bien ma vie avec ça. Je pense que je continuerai à travailler là-dessus et j’espère que je trouverai un endroit que j’aime pour y travailler. Peut-être aussi que Superbeau deviendra un projet plus global et pas uniquement des selles et une galerie…» Puis il ajoute, « Je pense, et j’espère, être capable de faire plus que ça et j’ai aussi envie d’apprendre de nouvelles choses. Avec les selles, je pense être arrivé à peu près là où je souhaitais être. Si je veux me concentrer davantage sur Superbeau, je vais devoir investir dans des machines mais tout ce matos coûte très cher. Aujourd’hui, c’est principalement du travail fait à la main. Je fais de la guidoline (le scotch pour guidon), des straps et j’ai aussi fait des sangles, mais c’est beaucoup de travail lorsque tu fais tout toi-même. L’utilisation de quelques machines n’enlèverait peut-être rien à la qualité mais ferait sûrement baisser le prix. »

Jetez un coup d’œil sur son travail précieux, soigné et élégant et laissez-vous tenter…

Cocopivo – cuir de veau végétal, acier inoxydable
5th Floor – cuir de veau végétal, acier inoxydable
FXD Nostra Concor – Kangourou et peinture acrylique

Victoire Cycles – Peau de vache végétale

Hommage à la légendaire chaise Eames avec le tissu « Hallingdal » de Kvradrat Denmark.

Atelier Galerie Superbeau
Liebfrauenstraße 82, 64289 Darmstadt – Allemagne.
Plus d’infos :
www.superbeau.de