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Stanridge

Le vélo de piste Stanridge Speed Cycles High Street Pursuit ne laisse pas indifférent. Sa géométrie particulière, sa peinture bien étudiée et les pièces qui le composent en font un vélo atypique et particulièrement élégant.

Mais aussi une machine agressive, racée et sportive.Entretien avec son créateur.
Après avoir eu la chance d’essayer le High Street Pursuit (HSP) de Stanridge Speed, nous avons souhaité en savoir plus sur son concepteur. Direction Columbus dans l’Ohio afin de rencontrer un homme passionné par son travail de cadreur, fournissant un véritable travail d’horloger pour chaque vélo réalisé à la main. Rencontre avec Adam Eldridge, l’artisan qui rend au vélo ses lettres de noblesse.

Steel:Peux-tu te présenter ? D’où vient le nom « Stanridge Speed » ?

Adam :Je m’appelle Adam C. Eldridge, ACE pour les intimes. Le nom Stanridge est un double hommage à mes grands-pères : George STANton et J.M. eldRIDGE. La société Stanridge a vu le jour fin 2009. Au mois de mars, la liste d’attente est devenue suffisante pour passer à temps plein. J’ai, depuis, construit pas loin de 70 cadres.

Quel(s) type(s) de cadres fabriques-tu ?

Stanridge conçoit des cadres de route, de piste, de ville et de VTT. Dernièrement le travail s’est concentré sur la fabrication de cadres soudo-brasés HSP.

Pourquoi as-tu souhaité concevoir un cadre de poursuite ?

J’ai toujours préféré les machines qui ont une réelle fonction. Ayant grandi – et plus tard travaillé - dans le monde des voitures de course allemandes, j’ai acquis un véritable goût pour ce type de machines construites dans un seul but. Pas d’excuses, ni de confort inutile. Rien de frivole. C’était juste dingue de pouvoir conduire une auto sur un circuit de course et de rentrer ensuite avec à la maison pour la mettre au garage. Les cadres de poursuite me donnent cette impression. Il suffit de regarder l’HSP pour comprendre qu’il sert à quelque chose… Qu’il sert à aller vite.
Pour parler business, il faut dire aussi qu’au moment où j’ai créé le High Street Pursuit, je n’avais jusque-là réalisé que des cadres traditionnels en tubes acier raccordés. J’étais un peu coincé dans cette image du « Ah tiens ! Un autre cadreur qui fabrique des cadres acier à raccords ! »… L’HSP m’a permis de rompre avec cette routine. Et cela a aussi permis à Stanridge de se différencier des autres marques. Curieusement, le marché des fabricants de cadres est vraiment saturé aux États-Unis et un cadre acier ne doit pas juste se résumer à des tubes de métal imbriqués les uns dans les autres.

Peux-tu nous en apprendre davantage ? Quels types de tubes, de soudures utilises-tu ? Quel est le poids du vélo nu (kit cadre + fourche) ? Et du vélo une fois monté ?

Tout est fonction de la personne qui va rouler avec. Mon assistant et moi partons d’abord du logiciel BikeCAD Pro. Nous élaborons ensuite la forme des tubes, puis nous aboutons les profils en fonction des caractéristiques et des envies du client. Depuis le lancement de la marque, la soudure et le montage des raccords ont été mes deux principaux centres d’intérêt. Le HSP est à 90 % composé de Columbus Mégatubes. J’en « recycle » un morceau pour le tube de selle, dans lequel j’insère une tige ovale Dedacciai. On n’a pas encore pesé le HSP… Mais Bon Dieu, il est monté avec des B43 ! J’parie que les roues pèsent à elles seules plus lourd qu’un vélo en carbone !

Pourquoi avoir choisi d’utiliser du BB30 ?

On a voulu faire une expérience avec le BB30. A-t-on déjà fabriqué un cadre de piste acier avec du BB30 ? Oui, je sais, t’as déjà envie de démarrer une collec’… Mais pourtant ce standard est peu utilisé, il est même quasi non-existant. C’était moins par souci de légèreté que par souci de réponse que j’ai opté pour le BB30. Je voulais quelque chose de nerveux, de rigide. La question c’était : pourrions-nous gagner en rigidité en utilisant des tubes aéro et un boîtier BB30 ? Et bien… Demandons donc aux testeurs leur avis!
Je voulais explorer, me dépasser sur ce coup là. C’est en explorant de nouvelles possibilités que l’on apprend. Alors nous on va continuer à sortir du train-train et voir un peu c’qui se passe… Même si les Snobs du Vélo nous tournent encore une fois le dos !

Comment t’es venue l’idée de faire une peinture à la fois mate et brillante ?

En grandissant, j’ai développé un attrait pour le monde des « Muscle Cars » de Détroit. Certaines de ces voitures sortaient des usines avec une peinture noire mate sur le capot. Ce sont ces bagnoles qui m’ont inspirées.

Combien de cadres de poursuite avez-vous fabriqué jusqu’à aujourd’hui ? Et combien les vendez vous ?

À ce jour, nous avons fabriqué 30 cadres de poursuite sur commande. Aux États-Unis, nous vendons le HSP pour 1 399,99 $. Nous recherchons des pistards de haut niveau qui puissent courir avec le HSP et des revendeurs pour diffuser nos cadres.

Exportez-vous vos cadres ?

Oui, nous expédions nos cadres partout dans le monde.

Comment envisagez-vous l’avenir de Stanridge Speed ?

Une croissance continue et maîtrisée. Nous prévoyons d’embaucher cinq nouveaux employés et d’acheter un bâtiment indépendant pour abriter notre activité. Nous allons continuer à bien faire ce que nous faisons déjà : travailler avec ferveur, tête baissée et musique à toc !

Quels sont les futurs projets de l’année 2012, si ce n’est pas top secret ?

En 2012, nous allons nous concentrer sur les cadres de route, tant d’un point de vue marketing que publicitaire. Nous travaillons actuellement sur des opérations commerciales et on est en train de jeter les bases de projets super porteurs.

Interview : Marc Sich

Photos : Anto Hinh-Thai