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Kalavinka

TSUKUMO CYCLE SPORTS est la maison mère des vélos Kalavinka, située dans la région de Meguro-Ku, au Japon. Ce qui a l’air d’être un minuscule atelier est en fait une des meilleures fabriques japonaises de vélos de Keirin. Une plaque accrochée sur la porte d’entrée a retenu notre attention. Elle stipulait que le service était refusé à n’importe quel rider sans frein. On a réalisé alors qu’on était au coeur du sport.

Tout était dédié à la course cycliste, du Keirin au vélo de route. Celui qui a conçu ces vélos incroyables n’est autre que, l’unique et le seul, Tanabe San. On a été assez chanceux de discuter avec lui. Tanabe San est aussi connu pour sa carrière de coureur cycliste. Il a commencé en tant que test rider puis a atteint le niveau de coureur de Keirin. Tout en continuant la course, il est retourné à l’école pour décrocher un diplôme. Il rêvait de participer aux Jeux Olympiques, c’est pourquoi il a continué pendant 10 ans les championnats japonais. Il a acquis beaucoup d’expérience parmi les autres coureurs.  Sa passion pour le vélo était tellement forte que, quand il a arrêté la course, il s’est rendu compte que tout n’était pas fini. Il a découvert une nouvelle relation avec le vélo, ses racines.

Il a appris à fabriquer des cadres grâce à Mr Kajiwara, ce dernier étant la personne qui lui fabriquait ses propres vélos de Keirin.

Après cet épisode, Tanabe San a commencé à fabriquer des vélos pour d’anciens coureurs de Keirin. Les deux premières années, il a travaillé dans la région de l’université de Gakugei puis il a démarré la marque Kalavinka. C’était il y a 32 ans.

Quand on parle à Tanabe San de la fabrication du cadre en lui-même, il nous avoue qu’il choisissait ses tubes chez le japonais Kaisei mais aussi chez Columbus. Pour les pièces, il est fan de Campagnolo et aussi, bien sûr, des accessoires Shimano Dura Ace. Il regrette que les équipements Suntour aient arrêté d’être produits par la société Maeda en 1995.

Quand il est parti à Montréal en 1974 pour les championnats du monde, Eddie Merckx lui fit vraiment une bonne impression. Selon lui, ce belge était le meilleur coureur cycliste de tous les temps. Pour les coureurs de Keirin, il cite Tomity (Tomita Toshihiko) et Kenji Yamaguchi.

Par la suite, il nous a expliqué le pourquoi du signe d’avertissement sur la porte du shop Tsukumo Cycles. A l’époque, peu de personnes s’intéressaient aux courses de Keirin mais avec le boom des vélos il y a quelques années, beaucoup de gens avaient commencé à monter sur des vélos et particulièrement des vélos de piste. Il n’aime pas que certains transgressent les règles de la circulation en enlevant leurs freins ou leurs lumières le soir. Pour lui, ces personnes se mettent en danger. Il se sent rassuré de savoir que la police est plus attentive à ce genre d’infractions.

A la fin de notre conversation, il nous a montré les plaques de marque sur le devant des vélos et nous a dit que la société qui les fabriquait avait déposé le bilan. S’il ne trouvait pas d’autres fabricants de plaques, il pourrait arrêter de fabriquer à son tour des cadres. On espère que ça ne sera pas le cas sinon ça serait une énorme perte dans cette toute petite industrie du cadre fait main.

www.kalavinka-bikes.com/index.html

Texte et Photographie : Stéphane Mérand