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Marseille 13%

Dans un cadre idyllique entre milieu urbain et calanques, une ville telle que celle-ci, son million d’habitants et sa mer méditerranéenne, a forcement un côté atypique et attractif. Marseille est probablement une ville de France des plus agréables à rider – trafic intense – longues routes longeant la mer – pentes très raides dignes de sa jumelle américaine (San)Francisco et une bonne petite scène de rouleur.

L’arrivée du premier pignon fixe sur l’asphalte phocéen date de 2007, José Lamali a bien voulu nous éclairer sur ses balbutiements.

Après le mail reçu d’un pote de Barcelone où figurait la photo de son vélo, j’ai automatiquement accroché avec les lignes de cet engin à l’esthétique si particulier. Dans la même semaine, une copine revenait de Californie et me raconta qu’elle avait aperçu toute un groupe de gars rider avec ce genre de vélo. J’ai voulu en savoir plus, et après pas mal de recherches sur internet, et mon inscription au forum “pignonfixe.com”, j’ai enfin pu trouver réponses à mes questions. A cette époque, en Novembre 2007, le forum ne comptait que 75 inscrits !

Ayant toutes les cartes en main, je décide de partir chiner dans le moindre vélociste du coin, me faisant passer pour un fou à la moindre question. Jusqu’au moment où un jour, je suis rentré dans un magasin tenu par un ancien pistard nommé Robert Beck. Ce personnage autant intrigué par moi et qu’intriguant, m’autorise, et pas sans peine, à pénétrer dans sa cave. C’était un endroit extraordinaire pour le novice que j’étais. J’étais témoin non seulement d’un vrai bordel (comme on les aime), mais surtout d’un trésor dont la richesse reposée sur des dizaines de vieux vélos, à moitié démontés, empilés les uns sur les autres. Après un bon moment à fouiner, les mains noircies par la poussière et la graisse, je trouve enfin mon bonheur. J’avais mis “les” mains sur deux vélos complets, un CBT italia et un Chésini. Je remonte au magasin, et je pars avec sous les bras, trop heureux d’en avoir tiré un bon prix. De ce temps, les vélocistes voulaient surtout se débarrasser de ces épaves. “C’est fini l’acier mon bonhomme, place au carbone et à l’alu!”

Finalement, quelques commandes ”internet” plus tard, je parviens à remplacer toutes les pièces manquantes. Mon vélo était prêt, j’allais enfin pouvoir rouler.

Par une journée de fin Novembre, je décidais de faire mon premier tour avec Arnaud, un bon pote qui roulait encore en vélo de course.Direction Le Prado ! Je découvrais petit à petit les sensations que procure ce nouveau moyen de déplacement. Jusqu’ici tout va à peu prêt bien, mais à mon arrivée vers le petit port d’Endoume, une descente ce profile devant moi… Malheureusement, mon manque d’expérience m’a contraint à poser le pied à terre. La fin de la balade s’est terminé en marchant, mais c’était la dernière fois.

C’est au mois de Janvier suivant, que je suis allé à New York pour le travail et j’en ai profité pour ramener tout un tas de pièces, encore rares en France. Je me suis dit que c’était le meilleur moyen de faire grossir la scène Marseillaise. Un p’tit crew s’est formé, composé d’Arnaud, Jeanne, Mothi, Christophe, qui permis d’organiser des sorties de plus en plus récurrentes. La jeune génération a tout naturellement suivi, avec Donovan, Joël, Maxime et Lucas.

Cette nouvelle façon d’explorer la ville nous a fait découvrir des endroits inattendus, des points de vue surprenants de notre ville.

Texte : José Lamali / Photographie : Cedric Viollet