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L’Eroica 2011

L’Eroica ou le « revival » du vintage le temps d’un week-end à Gaiole en Toscane. Un événement chargé d’histoire auquel participent les passionnés du mythe du cyclisme d’antan. Gaiole reçoit, Le Coq Sportif supporte et habille. Attachée à cette éthique sportive, la marque française est très présente au plus grand bonheur des amateurs portant le tout dernier maillot mérinos dessiné pour l’occasion.

Petit topo sur les conditions panoramiques et météorologiques, on en ferait des cartes postales : une Toscane rayonnante qui brunit légèrement avec l’arrivée de l’automne, une température élevée et un soleil éclatant. Pour cette course où le « moderne » n’est plus, les cycliste s’adonnent à un cross sur des chemin de craie entre deux domaines viticoles. On aime cette Toscane et ses collines ultra photogéniques desquelles on peut entendre : « Aaah, mais P**n ça s’arrête jamais d’monter ici ! ».  Hey oui, le cycliste, lui, ne voit pas les choses du même œil. Après un départ sur les chapeaux d’roues, l’impression de voyager dans le temps surprend les coureurs. On entend les « Ciao, ciao ! » des cyclistes se saluant, on y croise des équipes portant les mêmes couleurs, des cyclistes solitaires appréciant la beauté du moment.

Chaque plat annonce une montée, chaque descente aussi. En somme, il faut aimer grimper. Les premières côtes s’avèrent un bon échauffement pour la suite, ou du moins, annoncent la couleur… A savoir que l’Eroica propose quatre courses de différentes longueurs.  Pour en voir un minimum et revenir avec des images plein la tête, on s’est laissé tenter par le 75km, n’ayant aucune idée des conséquences de ce choix… en voir plus c’est aussi le mériter !  Eddy Merckx dit : « Le vélo est un sport de souffrance. Le cycliste aime souffrir. » Il est vrai que l’ascension d’une côte à 7% s’achevant au sommet d’une colline de laquelle se profile un sublime paysage digne de « Gladiator » est un plaisir infini. On s’y arrête le temps de souffler, on y croise nos potes de Rock’n’Rollin (Steel #02) et on rigole. On apprend ensuite par leur expérience que ce qui nous attend va se corser.
Une certaine montée menant à Radda suscite notre attention, non pas par sa longueur, mais pour son petit Restori*. Après 40mn de course, il était temps : « La meilleur tartine d’huile d’olive que t’aies mangé, parce qu’après l’effort que tu auras fait, rien ne paraitra aussi bon ! », nous confie Stéphane.
C’est reparti, ça descend la tête dans le guidon : « c’est cool !!!! », ça remonte : « c’est lourd, hein ? » remarque François, coursier parisien. Gare aux frères Savarino, jeunes et pétillants, ces deux-là vous doublent de manière assez frustrante, et ce, soit en Wheeling (belle prouesse de Stéphano), soit en vous défiant à base de « J’vais t’ni***r ! » ou de cris d’animaux.

La capitulation n’est pas envisageable lors de cette course, sauf en cas de force majeure. D’après Merckx, cela voudrait dire que l’on n’aime pas souffrir, et ça signifie aussi se taper le chemin inverse… Alors non, on continue. Bientôt le Restori de Panzano. Un ravitaillement apprécié pour son abondance de produits,  son ambiance et ses coins d’ombres… Mais pour y accéder, prenez votre temps, et n’hésitez pas à poser le pied, car l’ascension d’un chemin de craie, taillé par les torrents de pluie et affichant une cote de 12%, n’est pas si évidente. N’oubliez pas cependant que le plaisir est en haut : eau, vin, tartines, fromages, fruits et ombre sous un chêne. Un plaisir partagé avec des cyclistes tous azimuts. On en oublierait presque la fatigue et la suite des événements. Heureusement les descentes sur chemin de craie à travers des forêts de chênes, la traversée de village médiéval, la vision d‘une bière fraîche en exalterait plus d’un. Et puis comme il est de coutume, après la pente vient la montée, rebelote !  La journée peut paraître très longue pour une personne sous entrainée.
« Assieds-toi sur le devant de la selle, rapproche tes genoux du cadre, regarde ta roue avant, ça te fera penser à autre chose. » suggère Cyril tout en faisant référence à son ascension du Mont Ventoux. En effet ça marche, on prend sur soi et on y croit. Un dernier effort, quelques kilomètres et revoilà la belle Gaiole.

Texte et photos : Marc Sich
Publié dans STEEL 03