CYCLO-feature

Le cyclocross, version Mash Sf

Le célèbre crew connu pour leur aptitude à “Masher” les rues de San Francisco semble ne pas s’arrêter là. On a pu les voir pratiquer du “off road” avec leurs fixies. Peut-être les prémisses d’une nouvelle tendance ?



Non, Les protagonistes de Mash ont pour passion “le vélo” à sensation au son sens large du terme. Le cyclocross en fait bel et bien parti. Michael Martin, membre du groupe, s’est confié à nous et nous décrit sa vision propre de cette discipline.

Le cyclocross, la discipline où tout a commencé pour moi, bien avant les alleycats*et le vélo de piste. Avant tout cet engouement pour la rue, c’était le “dirt”. Lors de ma première course au Portland Oregon Cross Crusade en 2004, au Hilsboro Stadium, il pleuvait des cordes et il y faisait un froid de canard. Je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire. Tout ce que j’arrivais remarqué, c’était que plus je tombais, plus les gens m’acclamaient. J’étais devenu accro !



Ce sport rassemble et unit ces mêmes aficionados, qu’on croise aux courses sur route et sur piste. Tous aussi accro à cette liberté de se donner à fond et de quelques manières que ce soit. Ici, ce qui change, c’est qu’on tombe – on se relève – on se tape un sprint en dépassant du monde – on se refait dépasser – et on donne tout ce qu’on a au dernier tour.
Que du bonheur ! Ça se frôlent, ça dérape, ça double sur la droite, ça chute, ça hurle, ça gerbe aussi… Et à la fin, podium ou pas, tout le monde est satisfait.
Chaque course, chaque “contre la montre” est une nouvelle histoire, rapprochant ses acteurs et formant peu à peu une certaine “confrèrie cyclocross”. L’ambiance ne serait pas à son comble sans le soutien des spectateurs. De véritables supporteurs venus pour le spectacle, mais qui finissent par en faire parti. Leur enthousiasme est tel, qu’ils font plus que motiver, ils crient et hurlent !! Ils nous tendent même des bières… Il suffit qu’on tombe, pour qu’ils nous viennent en aide et nous poussent le temps d’un élan, tout en nous complimentant sur la manière dont on aurait dépassé un “gros nul” au tour d’avant.

Le cyclocross est aussi synonyme de beauté. Outre la nature verdoyante qui nous entoure, le sport prend toute sa splendeur (parole de cycliste) lorsqu’on devient spectateur ébahie devant la fluidité des enchainements synchronisés exécutés par des troupes de cyclistes posant simultanément le pied au sol pour franchir les obstacles. Ou lorsqu’on remarque des enchainements de gestes automatiques et réfléchis liés au maniement expert du vélo permettant à ces gymnastes à vélos d’aller plus vite, sans gaspiller d’énergie, puis les voir rechausser leurs pédales une fraction de secondes plus vite que leurs voisins. Ou encore, lorsqu’on en aperçoit un autre “mec” choisir une meilleure trajectoire, tandis que le “gars” devant se serait fait piégé. Ce sont ces petits moments qui me font prendre conscience qu’il n’y a rien de plus technique que de rouler vite dans d’la boue.


Texte et photos : Michael Martin / Mash Sf