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CRIHS – New York

Steel vous présente Chris Thormann alias CRIHS. Nous l’avions rencontré à New York en compagnie de Louis David dans les ”Head quarters” du Bicycle Film festival. Chris faisait parti de ces riders qui passaient entre deux courses pour se rafraîchir, discuter avec Brendt (le fondateur du festival) tout en regardant des films fraîchement montés. Une fois la barrière de la timidité passée, nous avions devant nous un véritable phénomène. Un vrai boute-en-train, à l’humour fin et une connaissance parfaite de son New York. Ce garçon possède plus d’une corde à son arc en plus de se placer aujourd’hui comme l’un des riders les plus rapides de la ville

Steel : Chris, parle-moi un peu de toi ? Quel âge as-tu ? As-tu grandi à New York ? Tu m’as dit être dominicain, corrige-moi si je me trompe, mais ton nom à une consonance plutôt européenne, pourquoi ?
Mon nom est Christian Thormann. Né en République Dominicaine, j’ai débarqué à New York à l’âge de 5 ans. En effet ma famille est plutôt européenne. Du côté de mon père les origines sont allemandes, d’où le nom Thormann.

Avant de faire du vélo, tu faisais déjà beaucoup de hockey sur glace et de street hockey. Tu en fais toujours ? On y reviendra, mais il semble que c’est utile pour filmer, être tiré par un vélo.
J’ai commencé à faire du hockey à 13 ans mais je ne savais pas patiner. Alors que tous les autres étaient en roller, moi je jouais à pieds. J’ai commencé sur glace à 15 ans puis j’ai fait du hockey sur patins en semi pro un petit moment. Rider a pris beaucoup de mon temps, alors je n’en fais plus trop. Ça me manque, mais je mate toujours les jeux NHL, ce qui est cool. ALLEZ LES FLYERS !!!

Qu’est-ce qui t’a amené vers le vélo ?
Mon oncle Marcos, aka “Champolini”, aka “champion”, a son propre bike shop dans l’Upper West Side. Il fait du vélo depuis qu’il est arrivé aux USA. C’est toujours un racer pro très compétitif. Il m’a vendu mon premier vrai vélo, un cadre GT ZR 1.0 de route. Sans lui, je serais probablement en train de jouer au hockey quelque part en Europe ; ce qui ne serait pas forcément une mauvaise chose…

Tu m’as dit avoir fait de la piste ? Tu as été coursier aussi… Tu as fait ça longtemps ? Combiner les deux, c’est un bon entraînement ?
La première fois que j’ai bossé sur un vélo de piste était le jour précédant Monstertrack VII. J’avais un frein avant, et aucune idée de ce que je faisais. C’était aussi une conversion et j’avais besoin d’une vraie roue. À cette époque, je bossais pour NY Minute. squid bossait aussi pour eux, et il m’a prêté une roue arrière. Je me suis entraîné pour la grande course en dérapant sur des plaques de verglas. Ça a plutôt servi. En descendant la 5e avenue, j’étais dans les 25 premiers. Après avoir fait tous les check points de Manhattan, Andy et moi allions vers Brooklyn. Je me suis pris un piéton que je n’avais pas vu à cause d’un bus. On était tous les deux ok, mais mon vélo, non. Je suis rentré à pieds avec mon vélo sur l’épaule, et j’ai terminé genre 114e. Ça fait 6 ans que je suis coursier.

La course et la victoire ont l’air d’être un truc habituel pour toi, je ne vais donc pas te demander : “C’est quoi ton secret ?”
Je veux dire, je prends des stéroïdes, comme tout le monde, non ? Je rigole. Y’a pas de secret. J’ai simplement confiance en moi et en mon vélo. Je ne suis plus nerveux avant les courses. En général je bouffe de la pizza, et je bois un soda. Je suppose que c’est ça mon « secret »… Attends, du coup c’est plus un secret… Tant pis.

Tu es très humble, on l’a vu quand tu as gagné au Monstertrack 2011, et aux autres… Comment tu vois toutes ces choses-là ? Est-ce qu’il y a des langues de putes ?
Ce n’est pas pour frimer, mais je ne les compte plus les victoires. J’ai essayé de compter et je pense que j’ai gagné plus de 50 courses, ce qui fait beaucoup si on y pense. Faudrait que je sorte mes cartes et que je compte. Cette année, j’ai gagné 11 courses. 8 à NYC, 3 ailleurs. Ma plus grande victoire a été le Monstertrack X en 2009.
Les gens bavent pas mal. Je ne le fais qu’avec des amis proches, ou des gens qui ont déblatéré sur moi. Récemment, quelqu’un m’a parié 1 000$ pour une course de lui contre moi. Je n’ai plus entendu parler de lui depuis que je lui ai dit que j’étais d’accord. P’têtre qu’il a la trouille. En voilà de la langue de pute.

Le passé c’est le passé, et on ne nommera personne, mais tu as une eu une embrouille qui concernait le sketching (chopper des bagnoles pendant une course) ? C’est réglé ?
Oui. On est amis. Je pense qu’il s’est rendu compte que ce qu’il a fait et dit était une erreur, et qu’il était juste vénère de ne pas avoir gagné, ce que je comprends. Je sais qu’il n’y a pas règles dans les Alleycats, mais il y a tout de même un code entre les riders, qui, je pense, a été brisé.  JE NE METTRAI JAMAIS LA VIE D’UN AUTRE RIDER EN DANGER POUR GAGNER UNE COURSE. Pareil pour les piétons. Leur sécurité est plus importante que la mienne. C’est moi qui me met en danger, pas eux.

J’ai vu des images du dernier Monstertrack, ton vélo était vraiment quelque chose. Peux-tu nous le décrire ? As-tu des sponsors ?
Je ridais le dernier cadre de piste en alu Continuum, roues Hed 3 avec l’avant Mavic Cosmic en carbone. La tige de selle était une Thompson. Un vieux guidon de piste, Cane Creek, une selle Specialized, des manivelles Omni, et des pédales Time Atac.
Oui je ride pour Continuum Cycles et je suis sponsorisé par Cane Creek.

Tony “Stone Tone” dirigeait tout, il a vraiment gardé le bon esprit, peux-tu nous en dire un mot pour ceux qui ne le connaissent pas ?
Je connais Stone depuis un moment, avant même qu’il devienne coursier. Je le connaissais de l’époque où il livrait des films. Stone est un des mecs les plus sympas que je connaisse. Très généreux, et n’a de problèmes avec personne, il est sincère. S’il n’était pas là, beaucoup de courses ne verraient pas le jour. Il fait du mieux qu’il peut et n’espère rien en retour. À part peut-être une bière et un spliff. Pleins des mecs old school lui bavent dessus, mais moi je les emmerde. Il ne fait rien de mal, et il en fait bien plus que vous. Alors fermez vos gueules et respectez ce mec !

La dernière fois que tu es venu à Paris, tu revenais tout juste de Milan. Tu avais pris part au Red Hook Crit, non ? Tu t’en étais pas mal sorti, qu’as-tu à dire sur les courses atypiques ? Est-ce que tu vas faire les suivantes ?
Oui Paris était incroyable ! Je suis vraiment content d’y être allé. Le Redhook Crit n’a pas été selon mes plans ; j’ai terminé 9e, alors que je voulais être au moins dans les 5 premiers. J’ai fait un faux geste qui m’a plus ou moins foiré. Je serai à Milan cette année. Si tout se passe bien, le temps que cet article paraisse, j’aurais des bonnes nouvelles sur mes résultats. A cette date, je suis le seul à faire tous les Redhook Crit, à Brooklyn et à Milan.

Tu ne fais pas que de la course, tu les filmes aussi. Les vidéos Gopro sur ta chaîne vidéo montrent la plupart de tes courses ; c’est quoi la suite ? Est-ce que le « year of the alleycats » est un teaser pour un projet perso ? J’adore la partie ou tu demandes à Ken Stanek « Je suis combien ? », et il répond simplement « Encore premier » avec une claque dans la main. Est-ce que tu participes au festival de films ? C’est quoi ton rapport avec BFF ces jours-ci ?
Oui j’essaie de garder une trace de tous mes alleycats, et en général j’essaie de faire filmer par une autre personne pour rendre la vidéo un peu plus intéressante. Je ne sais pas ce que je vais faire des images du « year ». Je n’ai plus le temps de réaliser quoi que ce soit en ce moment.
Cette année, pour le Bicycle Film Festival, j’ai monté le film de Lucas Brunelles, j’ai aidé à tourner un film pour Edwin De La Rosa, et j’ai montré mon propre film, les images des alleycats. Alors ma relation avec BFF est celle d’un vidéaste.

Vidéaste, photographe, et Blogger. J’ai regardé Empire. Je sais qu’il s’agit d’une vidéo connue qui passe au BFF ; de quoi parle le blog ?
On va bientôt sortir Empire en DVD. Le blog parle du film, et des riders qu’il y avait dans le film. C’est les dernières nouvelles, comme dans tous les autres blogs, en fait. Regardez les dernières sorties en Octobre.

Tu fais souvent des courses avec ton pote Jaytee. Tous les deux vous voyagez partout (Milan RHC), on le voit parfois dans tes vidéos quand vous menez les courses (Broadway Bombing 2010). Vous êtes rapides, vous êtes potes. Il s’est énervé quand il a vu que tu avais remporté le Monster, il y a une bonne compétition entre vous deux. As-tu deux trois mots à dire sur lui ?
Je ne compte plus le nombre de fois ou JT a fini derrière moi dans un alleycat. Je me tuerai (je ne lui bave pas dessus). C’est fou. C’est un grand racer. Une des rares personnes avec qui je peux rider et avoir confiance en lui, sure qu’il ne va pas me faire un coup de pute. Il sait ce qu’il fait. À l’heure où on en est, je sais le battre. Il a mon numéro au RDC et quand on fait des courses de route. Si quelqu’un devait me battre l’an prochain au Monstertrack XIII, ce serait JT.

Qu’as-tu de prévu ?
Je viens de passer les deux derniers mois à San Francisco, où j’ai participé à des courses et où je travaillais chez TCB courier. C’était bien cool. Le 5 Mars, je rentre à New York pour me préparer pour le prochain Monstertrack. J’ai hâte de rentrer et de rouler dans la grande ville. Je suis aussi très excité à l’idée d’aller à Montréal pour la “St Patricks day race”. La semaine suivante viendra le Red Hook Crit. On verra si je me fais distancer cette année.

http://empirebegins.com

Interview  : Marc Sich
Photos : Louis David Najar
Publié dans STEEL 04