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Seattle report

Chers vous ! Amateurs de bike polo, joueurs confirmés et témoins du phénomène qui suit. Et vous aussi, débutants, qui un jour verrez de quoi il s’agit. Ce premier numéro de Steel se penche sur un cas assez sérieux. Rien de grave, seulement un petit topo sur Seattle, première ville championne du monde de Bike Polo.

Flash back, Philadelphie en Aout 2009. Que des équipes américaines, dont cinq équipes européennes témoins pour la première fois de cette unique ambiance, bien américaine, d’un tournoi de bike polo. C’est au coeur d’un quartier populaire de Phily en plein mois d’Aout, que tout a eu lieu. Tous les éléments étaient rassemblés pour assurer cette compétition – chaleur, d’un soleil, du bike polo de toute beauté et de quoi s’hydrater correctement.

Les finales se jouèrent sur le court 1. Un beau terrain de ring hockey éclairé, dont le sol bleu avait été occasionnellement marqué par des milliers de traces de skies, lui donnant une touche artistique et le désignant comme terrain de bike polo. Le public, constitué essentiellement de joueurs éliminés et de leurs cliques, manifestait de plus en plus son émotion à la vue de la finale. Des centaines de mains accrochés au grillage entourant le terrain, à travers lequel on pouvait apercevoir des visages concentrés à l’affut du moindre détail croustillant. Certains étaient même suspendus au grillage, et d’autres perchés sur des lampadaires dans l’expectative de pousser une bonne gueulante et d’envoyer la ‘Hola’ . Et, il y en a eu plus d’une !

La finale opposait Seattle à Vancouver, deux équipes qui se connaissent bien et qui s’affrontent souvent. L’ambiance était bonne, et chacune a démontré que « leur » bike polo était le plus efficace. Le terme exact pour décrire la finale n’est pas “spectaculaire”, mais plutôt bluffante. La rapidité n’était pas la clé de ce match, il s’agissait plus de technique et de finesse. Un jeu intelligent que Seattle remporta, au dépend d’une équipe honorable de Vancouver. Tous avaient le sourire, et furent très vite rejoints par une marée humaine constituée de mecs historiques, chauffés à bloc. Pour bien visualiser, Il faut s’imaginer une fin de match de foot des années Platini, lorsque les supportères envahissaient les terrains, courant vers les joueurs pour les féliciter. Une époque révolue, mais une ambiance qu’on est content de retrouver au Bike polo.

C’était une première, ces championnats du monde. A cette époque encore débutants « confirmés », on regardait tout ça d’un air abasourdi, affichant une sourire jusqu’au oreille. Nous étions témoin mais aussi partissent de cette hystérie générale. N’ayant jamais vu un tournoi américain, et ne connaissant pas le bike polo outre-atlantique. Cette année là, on en pris plein la gueule. En partant on avait envi de les connaitre tous ces gens venus des quatre coins des États-Unis, on aurait voulu sympathiser, jouer avec eux. Heureusement, ce type de tournoi se reproduit chaque année, et on est retombé sur nos champions.

Grâce au net, aujourd’hui tout joueur plutôt expérimenté a déjà entendu parler de l‘équipe “Smile” composés de ses trois joueurs “bien fort”, Sebas, Leon et Dustin. Sans oublier Dave qui n’est jamais très loin et l’autre Dave LE photographe “attitré” de l’équipe. Smile est une équipe au jeu très particulier, pour faire court et ne pas trop extrapoler sur son jeu tactique, ses prouesses techniques, ses passes si précises, ses frappes foudroyantes et un goal – juste – imbattable. Seul joueur de l’équipe en pignon fixe, soit dit en passant. Voyant ça, il paraissait indispensable, pour certains, d’avoir un goal permanent, jouant en fixe. Ce trio est déjà venus nous rendre visite en Europe. Leur présence nous donna du baume au coeur, ainsi que du fil à retordre… Il en faut du courage et de la conviction pour faire un tel déplacement. C’est vrai, ça change la donne quand on est déjà champion du monde. On se déplace de manière un peu plus détendue à la vue des compétitions à venir. Car oui, chaque été, il est question de remettre son titre en jeu. Qui parle de vacances ?

Seattle est bien connue pour ces lacs, sa verdure, sa skyline mythique (trouver le nom de la tour) mais aussi pour ses trombes d’eau. Souvent sujet à exagération, comme l’usage de cette dernière expression… On pourrait se demander “Faut qu‘on m‘explique. Avec Trois cent jours de pluie par an, comment ils font pour jouer au polo là-bas ?” Quelconque activité extérieure serait bien compliqué. “Pire qu‘à Londres ?!” dirait-on également. En effet, Il semblerait que notre communauté de Seattle n‘y échappe pas vraiment. Mais bien évidemment, il existe la wear adéquat. Enfin, souvent le genre qui n’est pas toujours imperméable, mais qui tient chaud. En réalité, le pluie n’est pas vraiment gênante. Quand on habite Seattle, elle fait parti du lot et on s’y habitue vite. Pour en finir avec cette pluie, sachez que celle-ci a poussée nos joueurs à modifier et perfectionner leur équipement. Plus particulièrement au niveau des freins. A l’exception de certains joueurs, la plupart jouent avec des pneus de 26 pouces, ainsi que des freins à disque. Incontestablement le meilleur système de freinage en cas de pluie et de roues voilées.

Cela pourrait surprendre un public non-averti et paraitre un peu “too much”, mais c’est tout à fait courant. Le bike polo se joue quasiment tous les soirs à Seattle. Ce sport peut devenir assez addictif…

Des terrains, ils en y a, et heureusement. Mais le seul terrain « entièrement couvert” et éclairé jusqu’à 23h n’est disponible que les jours de grand froid et ça, un jour par semaine. Bien sur, Seattle possède plus d‘un court, dont un “partiellement couvert”, situé au Nord, sous une bretelle d’autoroute (Photo de double page). Tous les jours sont propices au bike polo à Seattle, on s’y retrouve après le boulot ou après l’école. La moyenne d’âge des joueurs varie entre 24 et 27 ans, il y a aussi des joueurs plus vieux, comme plus jeunes. Il suffit d’un texto ou d’un coup de fil, et six joueurs se déplacent. Ce n’est pas seulement une question de se retrouver pour jouer, c’est surtout se retrouver entre ami. Le Lundi, comme tous les Lundis, varie selon la motivation des troupes. Delà sera déterminé où auront lieu les rencontres. Le Mardi, on y joue dans le centre, juste à l’Est du “Downtown”. Le Mercredi jongle entre le nord ou le sud, cela dépend surtout de la motivation des polistes. La tradition veut que le Jeudi se joue au Nord.Comme Le Vendredi est plus ou moins réservé aux débutants. Souvent, considéré comme un jour « No polo”, histoire de prendre des forces pour le week end . Tous se retrouvent de jour dans un autre terrain situe non-loin du centre de Seattle, légèrement plus à l’Est que le terrain du Mardi. Le terrain qu’ils préfèrent est celui des courts de tennis du parc de Capitol Hill. Spot assez populaire et où la police ne fait même plus le déplacement.D’ailleurs, la police est plutôt conciliante à leur égard. Les beaux jours, ils sont là bas. Un deuxième avantage avec ce spot, c’est qu’il leur donne une bonne visibilité vis à vis des usagers du parc. Ces derniers s’arrêtant souvent pour regarder. Le niveau de jeu étant bon, tout spectateur assistant aux matchs, est vite captivé par ce qui se passe. Ils ne semble même pas surpris de voir des filles jouer aux côtés des garçons. Attention, n’allez pas croire que celles-ci changent quoi que ce soit au jeu.Mckenzie est l’une d’elle est figure parmis les meilleurs joueurs de la ville. Elle a fait preuve d’une progression très rapide et possède toutes les qualités d’une grande joueuse. C’est à dire, un bon jeu collectif, un bon placement, un bon tir et un bon timing de passes.

Chez les garçons, il est difficile de dire qui est vraiment le meilleur. La question ne se pose pas trop en fait. Bien sur, tout le monde apprécie battre Leon, Seabass et Destin. C’est un plaisir de jouer avec eux également, quoi de mieux pour s’entrainer. Evan et Julian, sont deux très bons joueurs qui eux aussi commencent à avoir un p’tit palmarès. Plus agés et plus old school, il y a Soren qu’on surnomme “The Wizard”. Un mec qui vous sort des tours de magie avec son maillet sur le terrain.

Dans cette ambiance bon enfant, il faut imaginer les joueurs assis sur le bord du terrain, les yeux rivés sur les joueurs àleur balancer des vannes. Rien de méchant, mais de grosses blagues trouvées par-ci par-là. Aussi exercé sur le terrain par les joueurs, c’est devenu un art dans le polo aujourd’hui, chacun l’emploie à sa manière et Seattle a sû se démarquer avec son style tiré du film The Big Lebowsky, avec  “T’as tout foiré Walter”, ou “T’es plus dans ton élément Donny!”.

La communauté de Seattle est très sympa, avec le temps tout le monde est devenu pote. Que ce soit au polo et en dehors, ils se retrouvent et passent du temps ensemble. Quand quelqu’un veut jouer sur un coup, ils n‘a pas de mal à trouver cinq autres joueurs.

La recette est plutôt simple. Quand l’esprit est positif, il se ressent dans le jeu. Si celui-ci se joue fréquemment, on en tire une progression certaine. Plus on joue avec son équipe, meilleurs sera l’alchimie entre les joueurs. Parole de champion du monde !

Texte : Marc Sich / Photographie : Dave Ho